Qu’est-ce qu’un pipeline

Un pipeline (mot emprunté à l’anglais signifiant littéralement « ligne-tuyau ») est une canalisation enterrée ou aérienne transportant des biens, qu’ils soient sous forme solide (petites capsules,..), liquide (eau, pétrole, par exemple) ou gazeuse (gaz naturel, par exemple).

Les pipelines sont le plus souvent construits à partir de tubes d’acier soudés bout à bout, revêtus extérieurement voire intérieurement et généralement enfouis dans le sol.

Ces pipelines s’avèrent coûteux et parfois difficiles à mettre en œuvre selon les caractéristiques des terrains traversés; c’est le cas sous l’eau, au passage des fleuves, sur du pergélisol qui fond, en zone de risque sismique ou politiquement instable). Au contraire de leur investissement initial; leur utilisation est relativement peu coûteuse par rapport à d’autres formes de transport concurrentes, au moins sur de petites et moyennes distantes.

Les risques majeurs de défaillance des pipelines sont liés aux agressions (volontaires ou involontaires) de tiers et à la corrosion interne ou externe. La corrosion externe est maintenant freinée par des dispositifs de protection cathodiqueSelon la nature du fluide transporté, on lui préfère des termes plus précis :

·      aqueduc pour l’eau,

·      oléoduc pour le pétrole,

·      gazoduc pour le gaz,

·      oxyduc ou oxygénoduc pour l’oxygène,

·      saumoduc pour l’eau salée (ou saumure).

- Les Oléoducs :

Un oléoduc (du latin oleo-, »huile », et ducere « conduire ») est un tube de transport de pétrole. On désigne bien souvent un oléoduc par le terme anglais pipeline. Mais ce terme englobe aussi bien les oléoducs que tous les autres tubes de transports de liquides (comme les aqueducs pour l’eau) ou de gaz (comme les gazoducs pour le gaz naturel).  

Importance géopolitique

Comme cette matière première est actuellement fondamentale pour les économies de nombreux pays, les oléoducs sont d’une importance géopolitique primordiale.  Leur surveillance est assurée par les armées des pays producteurs, des pays qu’ils traversent et les pays importateurs de pétrole pour les régions difficiles, sinon c’est le propriétaire ou l’exploitant (les entreprises pétrolières en général) qui est chargé de cette opération (surveillance aérienne et terrestre). Le tracé des nouveaux oléoducs est l’objet de nombreux débats entre puissances régionales et internationales.

Quelques oléoducs existants

Opération PLUTO, un oléoduc sous-marin construit durant la Seconde Guerre mondiale

 

Oléoduc trans-Afghanistan (TAP)

 

Oléoduc trans-Alaska (TAPS)

 

Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC)

 

Oléoduc Druzhba, le plus long au monde

Les projets d’oléoducs

Le tracé des nouveaux oléoducs est l’objet de débats et de conflits d’influence entre les pays en concurrence pour le passage sur leur territoire, et où les pays importateurs veillent jalousement pour choisir une voie peu coûteuse et sûre.

Fuites d’oléoducs ou d’aqueducs

Difficiles à détecter, coûteuses à réparer et désastreuses pour l’environnement, les fuites d’hydrocarbures représentent un vrai casse-tête pour l’industrie pétrolière. Mais un ingénieux système inspiré de la façon dont le sang coagule en cas de coupure est en passe d’y remédier. Mis au point par des ingénieurs écossais, il repose sur l’utilisation de plaquettes artificielles, petites particules malléables d’élastomère dont la taille peut varier de 0,8 mm à celle d’une balle de tennis, selon l’importance de la fuite à obstruer. Introduite dans l’oléoduc, elles sont portées par le flot de pétrole jusqu’à la fuite où, sous l’effet de la pression, elles s’agglomèrent contre la paroi et finissent par colmater le point de rupture. La réparation s’effectue ainsi sans intervention humaine. Un avantage considérable alors que les nouveaux oléoducs sont souvent construits dans des zones de plus en plus difficiles d’accès. Avant même de les boucher, les plaquettes, qui sont marquées aux isotopes radioactifs, permettent également de localiser d’éventuelles fuites. Le système a été utilisé avec succès en Grande-Bretagne, en Norvège et en Azerbaïdjan. D’autres approches soucieuses du respect de l’environnement sont basées sur l’utilisation de gaz traceur, inerte et éventuellement renouvelable. Des détecteurs de gaz ultra sensibles permettent de localiser sans difficulté les points d’épanchement. Certains de ces gaz traceurs sont homologués en tant qu’additif alimentaire E 939 et E 949, ce qui les rend particulièrement adaptés à ces tâches délicates. 

- Les Gazoducs :

 La majorité des gazoducs acheminent du gaz naturel entre les zones d’extraction et les zones de consommation ou d’exportation. On estime la longueur totale des gazoducs dans le monde à un million de kilomètres, soit plus de 25 fois la circonférence terrestre.

Les gazoducs sont en majorité terrestres, soit enfouis à environ un mètre de profondeur dans les zones habitées , soit posés à même le sol en zone désertique, ou en zone à sol dur (permafrost). Leur diamètre varie entre 50 millimètres (2 pouces) et 1400 millimètres (56 pouces) pour les plus importants. Toutefois, le tarissement des sources de proximité et l’éloignement croissant des zones d’exploitation ont conduit à l’établissement de gazoducs sous-marins.

Selon leur nature d’usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales :

 

-    gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement

-    gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté,sésulfuré,…) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation.

-   gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries.

 

Construction et exploitation des gazoducs

 Les gazoducs sont constitués de tubes d’acier soudés bout à bout, recouverts d’un matériau isolant (polyéthylène, polypropylène,..) contribuant à leur protection contre la corrosion. Ils peuvent être également revétus intérieurement pour améliorer l’écoulement du fluide transporté ou pour prévenir la corrosion interne si le gaz transporté est corrosif.

Selon leur nature d’usage, les gazoducs sont exploités par des industriels de l’exploration production, du transport ou de la distribution. L’exploitation d’un gazoduc consiste à maintenir l’ouvrage en bon état de service dans les conditions optimales de sécurité et de coût.

 

Transport par gazoduc

 A partir des sites de traitement des gisements ou des stockages, le gaz est transporté à haute pression, (de 16 jusqu’à plus de 100 bar), dans des réseaux de grand transport dont les gazoducs constituent les principaux maillons. Ces réseaux comprennent en outre :

-     des stations de compression, régulièrement espacées (tous les 80 à 250 km selon les réseaux) qui maintiennent la pression du gaz transporté et assurent sa progression dans les canalisations.

-    des stations d’interconnexion qui constituent des noeuds importants du réseau de transport

-    des postes de livraison qui assurent la livraison du gaz naturel chez les gros industriels ou dans les réseaux aval de distribution. Ces postes assurent généralement des fonctions de détente, de réchauffage, de filtrage et de mesurage du gaz.

En France, le schéma général des réseaux de transport de gaz naturel comporte plusieurs dorsales principales souvent affublés de noms de baptème toponymiques (Artère des Hauts de France, de Guyenne, des Plateaux du Vexin, des Marches du Nord-Est, du Midi, …). La desserte des zones montagneuses ou isolées, telles que le Massif central, n’est pas assurée. La proximité des gazoducs est signalée au sol par des bornes ou balises jaunes.

 

Acheminement dans les gazoducs

 Les gazoducs permettent en France la gestion d contrats d’acheminement souscrits par des expéditeurs auprès d’opérateurs de transport et de distribution. Le transport est principalement assurés par les entreprises TIGF (Total Infrastructures Gaz France, filiale de Total SA) et GRTgaz (filiale de Gaz de France). La distribution est principalement assurée par GrDF, autre filiale de Gaz de France et par une vingtaine de sociétés plus petites. En France, l’accès des tiers aux réseaux de transport et de distribution du gaz a été garanti par la loi en 2003, la CRE a été chargée de la régulation de l’ouverture à la concurrence du secteur de l’énergie. La fourniture de gaz est assurée par une quarantaine de fournisseurs (expéditeurs ou traders. L’ouverture totale des marchés est effective en France depuis 1er juillet 2007.

 

Autres modes de transport du gaz

Le caractère stratégique des gazoducs les rendent vulnérables aux actes de sabotage dans les zones de conflit. Cette vulnérabilité ainsi que les grandes distances entre gisements et zones de consommation ont conduit à développer une forme alternative de transport sous forme liquide. Ainsi, le gaz naturel liquéfié (GNL), est transporté vers -162° à la pression atmosphérique, par navires méthaniers.

 

                                                                                                                                                                            

Une Réponse

  1. Vous avez oublié de parler des stations de pompage pour les oléoducs, et des stations de compression pour les gazoducs. Ces installations sont importantes pour les pipelines de longues distances. Elles servent à booster la vitesse du produit.
    Merci de remedier à ce point.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d blogueurs aiment cette page :